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(2). — Une petite semaine à Caen pour finalement ne rien faire. Ce n’est pourtant pas les choses à régler qui manquaient. Est-ce que j’aurais perdu mon temps ici ? Non, bien sûr, puisque j’ai pu revoir certains amis. Et disons que j’en ai aussi profiter pour essayer de me remettre du décallage horaire qui, encore, fait ressentir ses effets. C’est ma dernière fin de semaine ici. Je pars dans environ deux jours, fonction des transports que je pourrai trouver. Il n’est pas dit que je revienne un jour.

En cette fin de mois, il peut être intéressant de faire un petit point sur ma pile de livres à lire. Au niveau des sorties j’ai La planète Folie de John Brunner et Frontière barbare de Serge Brussolo. Pour en dire deux mots, le premier m’a un peu ennuyé à cause de certains de ses aspects tandis que j’ai été finalement pris par le second qui se révèle être une aventure assez intéressante. Une dernière sortie est Dans la toile du temps par Adrian Tchaikovski qui m’a par contre clairement passionné. Trois lectures assez rapides qui seront chroniquées pour le Summer Star Wars de cet été qui a débuté ce 21 juin. J’ai aussi plusieurs entrées à relever. Tout d’abord deux prequels du cycle Ender par Orson Scott Card afin de compléter la série, Ender : Préludes et Ender Wiggin Première rencontres. Je n’ai pu résister aussi devant le cycle de l’aube de la nuit de Peter F. Hamilton qui comprend pas moins de sept romans ! J’ai déjà lu cet auteur, que j’ai beaucoup apprécié, mais il faut avouer qu’il va me falloir un peu de courage pour me lancer dans tous ses pavés. Un autre cycle est aussi rentré en PàL, celui d’Alastair Reynolds avec le cycle des enfants de Poséidon (trois titres) dont je voulais lire le premier roman, La Terre bleue de nos souvenirs, depuis un bon bout de temps maintenant. J’ai commencé mais je suis pour le moment un peu mitigé. Alastair Reynolds prend son temps pour poser son univers, je ne sais toujours pas où il veut en venir et j’attends que cela démarre. Un autre roman qui me fait de l’œil depuis quelque temps est Planetfall par Emma Newman ; je le lirai certainement cet été pour le SSW. Enfin une entrée un peu atypique est le roman de Liu Cixin dont j’ai entendu parler dans l’émission de ce vendredi de la Méthode Scientifique, Le problème à trois corps. Je ne suis pas certain qu’il puisse rentrer dans le cadre du défi de cet été mais les intervenants en ont fait un tel éloge que je pense que je ne tarderai de toute façon pas à le lire. Pour terminer, j’ai trouvé et rajouté Histoires de cosmonautes, le troisième volume de la grande anthologie de la science-fiction (première série). Pour résumer, j’ai donc trois sorties pour pas moins de quinze entrées, soit un total de cent trois titres dans ma PàL. Je dois dire que cela fait pas mal d’entrées d’un seul coup mais je pense que c’était quelque peu inévitable avec le lancement du SSW.

(1). — Caen, Normandie, France. — Madame, je jalouse… Madame, je jalouse ce vent qui vous caresse la joue ! En ces provinces andalouses, lui vient se poser contre votre peau d’acajou. Les rêves ont bien des manières détournées de nous parler. Je me trouvais sur un terrain fait d’une terre sèche aux tons beiges, le genre de terre frappée par le soleil et qui n’a que rarement l’occasion d’être rafraîchie par la pluie. Cette même terre que j’ai foulé dans les environs de Totolmajac (5.22). J’avais trois poules malingres à bec de canard qui avaient leur nid auprès d’un mur fantômatique. Ces canards étranges à l’air de poules n’avaient pas de plumes mais un duvet éparse, leurs pattes étaient abîmées. Elles m’attendaient et voulaient jouer avec moi. Je me suis mis à me déplacer de façon aléatoire, mon regard centré vers le sol, sur elles, tandis qu’elles essayaient de m’attraper les chevilles de leurs becs alongés alors que je m’efforçais quant à moi de les éviter. Je ne voyais rien d’autres que le sol poussiéreux, mes pieds sautant d’un côté et de l’autre, et leurs becs tentant de s’ouvrir pour me pincer les chevilles. Et je chantais. Je leur chantais ma nostalgie et ma douleur. À chaque missive l’avouerais-je… À chaque missive l’avouerais-je, je crains de vous causer l’ennui. Et cette attente, comme un missile, endolorit ma tête grège, endolorit ma tête grège. La musique a continué de tourner dans mon esprit quand je me suis réveillé sous les rayons d’un soleil naissant passant par la porte fenêtre de ma chambre chez Jordane. Il était 5 heures 42 et j’avais au corps accroché le manque du Mexique, un manque profond, une boule dure et compacte au fond de mon âme dont une excroissance me prend le ventre. Il me faut un café. Native des contrées où Cortés est venu trouver haine et fortune, tu sais de mémoire ancienne te méfier des braves, de leur soif inopportune ! Combien de lâches sont venus ici courir chimères à coup de fusils ? Ivres de gloire, ont-ils pensé que ton coeur serait conquis percé de flèches et de rancoeur comme tes côtes mexicaines !